Passation de Gaulle – Mitterrand

Youpitralala on a gagné !

Alors non, je ne vous décrirai pas par le menu ma soirée de dimanche (je retrouve à peine ma voix), mais les idées commencent (doucement) à s’éclaircir.

Un peu de stress en attendant les résultats.

A 17h les sites Belges donnent notre Fraise des Bois de compétition à 55% :  je suis plus que sceptique.

A 18h30 un ami qui travaille à l’intérieur me communique les estimations après dépouillement des fameux « 100 bulletins tests » : Guimauve le Conquérant est à 52% : cette fois c’est plié.

ON A GAGNE !

S’en suit une longue attente avec malgré tout une boule au ventre (et si ???).

Lorsque le portrait apparaît au bout du tapis rouge, c’est l’hystérie rue de Solférino.

Pour ceux, comme moi, qui étaient trop jeunes pour participer à la fête en 1981, c’est l’occasion de vivre ENFIN la liesse du grand soir.

En un instant, se sont envolés les « capitaines de pédalo » et autres sobriquets cités plus haut.

Il était devenu « l’élu » (au sens propre) : le Président.

Et en un instant, on voyait soudain en lui apparaître l’ombre de Mitterrand,  sobre et charismatique à la fois.

Le battu aurait pu rester le petit.

Il est devenu de Gaulle.

Il a prononcé un discours de perdant qui lui aurait permis de rester (si il s’était employé dès le début de son quinquennat à endosser un costume trop étroit pour son ambition).

Il était solennel.

Il était historique.

Comme l’a si bien écrit Christophe BARBIER dans son édito, il payait la facture électorale en attendant d’encaisser la reconnaissance de l’histoire.

Au fond il n’a pas été un mauvais dirigeant.

Mais il fut un Président exécrable sur la forme.

Comme un boss génial que tout le monde admire mais qui s’avère cassant et méprisant dans son management, pour qui l’on éprouve un sentiment mêlé d’admiration et de dégoût.

Dans  notre vie démocratique, il nous a été offert une alternative que nous n’avons pas dans le monde de l’entreprise : virer le boss.

Nous nous sommes vengés sur Nicolas SARKOZY de tous ces oppresseurs que nous endurons dans notre quotidien.

Tant pis si sur le fond il a probablement mieux défendu la France que les dirigeants des pays voisins (hors Allemagne).

Une crainte s’est tout de même emparée de moi lorsque j’ai vu François Hollande s’engouffrer dans un Scénic (jusqu’ici, sans faute au « normal test ») pour se diriger vers l’aéroport de Brive.

Et là, sous mes yeux effarés, 2 jets privés, un Boeing privatisé et un bimoteur…

Moi militante je sais qu’il n’avait pas le choix.

Moi militante je sais que le Boeing était payé par les journalistes.

Moi militante je sais que c’est le parti socialiste qui règle la facture.

Mais pour le symbole, difficile de ne pas faire le lien avec le Fouquets de Sarkozy…

Je crains que nous ne trainions longtemps cette image troublante (et les sms de mes amis d’Europe Ecologie les Verts qui m’ont charriée sur le bilan carbone d’un Président à peine élu est symptomatique).

Dernier point de malaise (mais là cela n’a gêné que moi dans mon groupe d’ami…) l’absence de drapeaux Français place de la Bastille.

Je sais que le Président élu n’y est pour rien, mais autant la présence de drapeaux étrangers, principalement du Maghreb me paraît être un beau symbole de fraternité, autant j’aurais apprécié d’apercevoir quelques drapeaux Français.

Charité bien ordonnée commence par soi même : je n’en avais pas (mais j’avais le visage sacrément peinturluré).

Bref, mardi, les images à la télé étaient troublantes, comme un montage anachronique d’une cérémonie du 8 mai dans laquelle Mitterrand venait prendre la relève de de Gaulle*.

Cela élevait un peu le débat, et après plusieurs mois de campagne au ras des caniveaux, cela faisait du bien.

AR

*Certains que je ne nommerai pas** avaient plutôt l’impression de voir de Funès et Bourvil. Qu’ils soient crucifiés avec leurs crayons de couleur ***

** Martin VIDBERG

*** Je ne pensais pas un mot de ce que j’ai dit, c’est le festival, toute cette pression. Epouse moi Martin.

Publicités

8 responses to this post.

  1. Posted by juju on mai 10, 2012 at 10:29

    « La battu aurait pu rester le petit.
    Il est devenu de Gaulle. »

    outre la coquille qui rend incompréhensible une bonne partie du texte, je pense que c’est tout l’inverse. Car une fois de plus, sarkozy a dans son discours contredit ses actes avec un culot immense : demander le respect quand il a passé son temps à dénigrer son adversaire, les syndicats, les corps intermédiaires, les immigrés, ses partenaires européens, … et il n’a même pas osé annoncer clairement son retrait de la vie politique active.

    quant aux drapeaux place de la bastille, je me suis aussi interrogé sur la faible présence de drapeaux tricolores, en particulier en comparaison avec les « autres drapeaux » ou en comparaison avec le nombre de drapeaux tricolores dans les meetings. bon, visiblement c’était déjà le cas en 2002 et 2007. ce qui prouverait que la france est diverse. reste à la charge de notre président de faire en sorte qu’elle reste unie dans la diversité 😉

    Réponse

  2. Posted by Machin on mai 10, 2012 at 6:07

    Pouvez-vous cesser de spammer les commentaires de l’actu en patates ? Merci d’avance.

    Réponse

    • Bonjour,
      Effectivement, j’ai cru comprendre en regardant les statistiques de visite du site que certains lecteurs de mon blog partagent mes articles sur d’autres plateformes.
      Malheureusement je n’y peux pas grand chose…
      Si l’un deux spamme le blog « l’actu en patate » vous pouvez le signaler à l’équipe technique du Monde qui fera le nécessaire pour supprimer les messages redondants.
      AR
      PS: Par contre n’hésitez pas à venir spammer le blog de Martin VIDBERG ici ☺

      Réponse

  3. Posted by juliena on mai 11, 2012 at 12:28

    Bonjour,

    Désolé de t’embêter avec ça mais… Président élu (sans t) et Bourvil (pas Bourville).

    C’est effectivement dommage cette absence de drapeaux français. Le patriotisme serait-il une valeur sale pour la gauche ?

    Réponse

    • Bonjour,

      Merci de me l’avoir signalé, c’est corrigé! J’avoue que j’ai écrit ce post en 4ème vitesse dans un TGV sans vraiment avoir le temps de relire…

      Pour le patriotisme: je ne désespère pas que la gauche revienne sur cette valeur. On peut aimer l’autre tout en aimant son pays… Et vice-versa. Il n’y a AUCUNE raison d’abandonner à Marine le Pen le privilège d’avoir des drapeaux tricolores dans ses rassemblements (après tout, il s’agit de l’un des symboles de 1789!).

      Réponse

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :